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Symptômes: Contrôler les facteurs déclenchant et renforcer son immunité aux allergies

Quels sont les éléments qui peuvent aggraver une allergie ?

Nous avons vu dans la première partie de cet article qu’il existe différents facteurs de notre environnement qui peuvent déclencher ou aggraver une allergie. En premier lieu, notre environnement nous amène de plus en plus d’allergènes et de toxines. Certains allergènes sont bien connus tels que les pollens, les acariens sur nos matelas, ou les poils d’animaux familiers. Toutefois, nous avons vu que la pollution de l’air est un facteur important très sous-estimé. De plus, d’autres toxines volatiles sont souvent sous-estimées telles que les formaldéhydes ou les COV (composés organiques volatils) que l’on peut trouver dans les peintures, colles, enduits, mobiliers, etc…, ceci sans parler des multiples produits chimiques que l’on retrouve dans nos cosmétiques ou lessives. D’autre part, nous avons vu que la qualité de notre alimentation, l’équilibre de notre écosystème intestinal ou le stress sont des éléments également importants à prendre en considération. Quelquefois, le facteur déclenchant est évident, car les symptômes apparaissent de suite après l’exposition de l’allergène, par exemple après contact avec un chat ou absorption de cacahuètes. Toutefois, dans de nombreux cas, le facteur déclenchant n’est pas si évident que ça. Il faut dès lors se poser des questions.

Se poser les bonnes questions

Est-ce que les symptômes s’aggravent la nuit ou au réveil ?

Réfléchir à ce que l’on a mangé le soir d’avant. Si les symptômes se passent principalement dans la chambre à coucher, il faut penser à un certain nombre de possibilités telles que :

  • la présence d’acariens
  • l’utilisation d’une lessive ou un adoucissant allergisant
  • la mise en place de nouveaux meubles en bois (émanation de formaldéhyde)
  • une peinture fraîche, un nouveau tapis ou un nouveau matelas (COV)
  • un animal familier qui dort dans le lit

Est-ce que les symptômes s’aggravent à l’intérieur ou à l’extérieur du domicile?

Réfléchissez si les symptômes apparaissent à l’intérieur de la maison ou d’un lieu de travail ou à l’école.

–          A l’intérieur

Il faut considérer des problèmes de polluants (COV, formaldéhyde), de poussières, de moisissures ou si vous avez une climatisation, aux moisissures.

–          A l’extérieur

Dans la nature, il faut penser aux pollens ou aux polluants de l’agriculture.

En ville, il faut penser à la pollution, à la fumée des voitures.

Dans la voiture, si nouvelle pensez aux COV, si vieille, pensez aux moisissures.

Dans l’avion ou dans le train, pensez aux COV ou aux produits de nettoyage

A l’hôtel, si meubles neufs, pensez aux COV ou aux produits d’entretien, si chambre ancienne, évoquez un problème lié à la poussière ou aux moisissures.

Est-ce que les symptômes s’aggravent le week-end ?

Voyez si vous avez modifié vos habitudes alimentaires ou mangé quelque chose d’inhabituel ou à l’extérieur (restaurant, chez des gens). Pensez si vous avez été dans des lieux différents.

Est-ce que les symptômes s’aggravent pendant les règles ?

Pensez à une sensibilité à la progestérone ou aux levures dont la réaction peut augmenter sous l’influence de la progestérone.

Les symptômes s’aggravent au printemps ou à la fin de l’été- début automne ?

Evaluer les niveaux de pollen dans la région et ses pics.

Les symptômes s’aggravent quand il fait chaud et peuvent s’améliorer quand il fait froid ?

Evaluez des contaminants tels que les moisissures, les pollens, la pollution, les poussières.

Les symptômes s’aggravent selon les conditions de la météo ?

Durant un temps humide, évoquez les moisissures. Durant un jour venteux, pensez aux pollens ou aux spores.

Commencer par assainir son environnement personnel

Notre environnement en général est envahi de produits toxiques divers tels que la pollution atmosphérique, les gaz d’échappement, divers produits chimiques, les pesticides de nos aliments, etc.. La santé de chacun est plus ou moins affectée par toutes ces toxines dans notre vie quotidienne. Par exemple, ça commence dès le matin par notre tasse de café, le café étant une plante contenant de nombreux pesticides, notre douche du matin (la plupart des shampoings du commerce sont remplis de substances chimiques pouvant être irritantes) et ainsi de suite durant toute notre journée. Pour de nombreuses personnes, c’est la charge totale de toutes ces toxines qui finit par dépasser un seuil favorisant la maladie. Nous pouvons agir plus facilement sur la pollution à l’intérieur de notre habitat, raison pour laquelle la première étape est de réduire le plus possible les allergènes potentiels dans notre maison.

Voici quelques suggestions utiles afin d’assainir son environnement personnel :

  • Utilisez des gels douche et des shampoings bio avec le moins d’allergènes possible. En effet, des recherches ont montré que les produits comme le shampoing ou le gel de bain contiennent souvent des produits chimiques qui irritent la peau et peuvent causer des dermatites. Un composant souvent incriminé est le sodium lauryl sulfate. Beaucoup de savons sont trop agressifs pour la peau, en premier lieu en raison des produits chimiques, mais également en raison de l’altération du milieu bactérien cutané qui a un rôle protecteur important.
  • Utilisez des lessives et adoucissants bio ainsi que des détergents et produits de nettoyage de la maison. Attention à tous les nettoyants en spray qui sont particulièrement allergisants et riches en composés chimiques (alcools, ammonium, terpènes, glycol, etc.) et peuvent être un facteur important pouvant favoriser l’asthme (1). Dans cette étude, on a conclu qu’un asthme sur 7 chez l’adulte était favorisé par l’utilisation de ces sprays. Une autre étude a montré que l’utilisation régulière d’assainisseur d’air ou diffuseurs de parfum était responsable d’une inflammation chronique de la muqueuse nasale sur un modèle animal (2).
  • Dans la chambre à coucher, enlever les moquettes et tapisseries et préférer des planchers en bois. Il faut avoir des housses anti-acariens sur le matelas et les coussins et une fois par semaine laver à l’eau bouillante tous les draps et housses afin de détruire les acariens. Pour enlever les acariens, utiliser des aspirateurs avec filtre pour acariens. Les acariens contiennent des enzymes toxiques qui irritent directement la muqueuse respiratoire permettant une augmentation de la pénétration des allergènes et irritants dans l’air. De plus, les polluants intérieurs comme les COV bloquent les défenses contre les acariens. Ainsi la combinaison des acariens et des polluants intérieurs peut créer les conditions nécessaires pour déclencher des allergies respiratoires comme l’asthme.
  • Ne pas faire rentrer de germes, de spores ou d’allergènes dans la maison. Enlever ses chaussures en rentrant (selon une étude de l’université d’Arizona, les chaussures sont contaminées par diverses bactéries incluant des colibacilles, Escherichia coli (indiquant un contact avec des matières fécales). Si vous avez jardiné, il y a de grandes chances que vos habits soient couverts de moisissures et d’allergènes, donc se changer.
  • Bien faire la poussière, se rappeler que les surfaces horizontales sont couvertes de poussières. Bien nettoyer avec un tissu humide afin d’éviter d’envoyer la poussière partout dans l’air. Les moisissures peuvent être partout particulièrement dans les endroits humides, sombres et chauds. Quand le taux d’humidité est élevé (>70 %), elles se développent très rapidement. Idéalement maintenir un taux d’humidité vers 30 à 40 %. Une erreur classique lors d’allergie respiratoire et de mettre un humidificateur qui risque d’augmenter la quantité de moisissures. Dans la salle de bains, bien s’assurer que la ventilation fonctionne bien. Une place privilégiée des moisissures est le frigidaire, bien contrôler les aliments du frigidaire et jeter les aliments moisis.
  • Garder l’air intérieur pur, si la fumée de cigarette est nocive, la fumée du bois dans la cheminée l’est tout autant. Dans une étude de 2015, la prévalence de l’asthme était augmentée par la fumée qui s’échappe de la cheminée (3). Les séchoirs à linge ventilent des produits chimiques sous forme de COV.
  • Toujours laver les habits neufs avant de les mettre, ces habits sont souvent chargés de formaldéhyde et de teintures absorbées par la peau.
  • Attention aux parfums qui comportent de multiples produits chimiques ainsi que les diffuseurs de parfum soi-disant aux odeurs naturelles. L’utilisation de sprays pour cacher certaines mauvaises odeurs libère de nombreux produits chimiques. Des recherches ont montré que ces produits sont très allergisants et peuvent par exemple aggraver un asthme.
  • 10 % des enfants sont allergiques aux animaux domestiques. L’animal le plus dangereux est le chat qui représente à lui seul 5 % des allergies. Souvent, il arrive que l’on n’y pense pas car la personne a toujours vécu avec des animaux domestiques. Toutefois, à l’apparition d’une rhinite allergique sévère ou d’asthme, il peut être nécessaire d’éviter l’animal.

L’alimentation dans l’allergie

L’alimentation est un élément important pour toute allergie. Il faut bien entendu éviter de manger les aliments pour lesquels nous sommes allergiques. Il existe des tests sanguins ou cutanés pour dépister certaines allergies. Quelquefois, dans le doute, nous pouvons essayer une procédure alimentaire qui sera décrite dans un prochain article. Il s’agit d’une diète d’élimination des allergènes les plus fréquents suivie d’une réintroduction par étapes des aliments du moins allergisants aux plus allergisants.

Nous avons vu dans la première partie, qu’une alimentation junk food est néfaste pour notre immunité. Cette alimentation comprend des aliments dénaturés tels que les confiseries, les viennoiseries, les aliments transformés, les aliments avec colorants ou goûts artificiels, les huiles végétales, etc.. Le sucre et les aliments sucrés doivent être progressivement éliminés. Les compulsions au sucre disparaissent progressivement au fur à mesure de la réduction des apports d’aliments sucrés.

La nutrition joue un rôle important dans l’équilibre de notre immunité. La science nous apprend que nos cellules T régulatrices raffolent de vitamines et de phytonutriments tels que les fruits, les légumes, le thé, etc… Notre Mère Nature nous a offert un cadeau unique à travers les aliments naturels riches en fibres, vitamines, minéraux et autres nutriments tels que les flavonoïdes, les polyphénols, etc.

Une alimentation saine et équilibrée de type méditerranéenne va nous permettre de stimuler la fonction des cellules T reg permettant de contrôler notre terrain allergique. A contrario, les déficits en vitamines et micronutriments vont favoriser un état de fatigue, d’anémie, de troubles cognitifs ou de dérèglement immunitaire (5). De nombreux aliments nous amènent de nombreux phytonutriments protecteurs. Ainsi, les noix et les graines sont une bonne source de minéraux et vitamines, les amandes sont riches en magnésium, les noix en bonnes graisses anti-inflammatoires, les graines de tournesol sont une excellente source de vitamine B6 et folates, les graines de courges sont très riches en zinc et les noix du Brésil sont riches en sélénium. Les salades vertes et les légumineuses sont une des meilleures sources en folates. Les carottes, la patate douce et les épinards sont une source riche en caroténoïdes, en vitamine A et en phytonutriments.

Les flavonoïdes sont des antioxydants aux capacités anti-inflammatoires. Des apports importants de flavonoïdes sont associés à une réduction du risque de diabète, de maladie cardiaque, de cancer ou d’asthme. Il y a plus de 400 flavonoïdes dans l’alimentation humaine. La quercétine est un flavonoïde aux propriétés anti-allergiques connues (6). Ce polyphénol se trouve dans de nombreux aliments tels que le brocoli, les fruits (pommes, fruits rouges, raisins), l’oignon, le thé, etc.. Les fraises sont une des sources les plus riches en fisetine, un flavonoïde anti-allergique qui est un puissant antioxydant augmentant les niveaux de glutathion dans la cellule (7). Ces antioxydants protègent les cellules immunitaires de l’oxydation et permettent de réduire les manifestations allergiques. On peut les consommer en smoothie, utilisant le fruit frais l’été et surgelé le reste du temps. Le persil est une herbe aromatique particulièrement intéressante pouvant se rajouter dans des salades, mais également des soupes, des pâtes, etc.. C’est une source intéressante de caroténoïdes, de flavonoïdes (apigénine). L’apigénine, comme beaucoup d’autres flavonoïdes, a des effets anti-allergiques et anti-inflammatoires (8). Les flavonoïdes du thé (épigallocatechine) peuvent réduire l’inflammation et combattre les allergies respiratoires telles que l’asthme (9).

Contrôler le stress

Il existe une connexion entre le stress et l’allergie. De nombreuses personnes décrivent une aggravation de leur allergie quelques jours après une période de stress. Les chercheurs de l’Ohio State ont montré qu’un stress psychologique peut directement avoir un impact sur une réaction allergique. Dans un article de « l’University of Mississipi medical center », les chercheurs ont revu de nombreuses études sur le sujet et ont conclu qu’il y avait un lien entre le stress et le développement de l’asthme, avec une augmentation du nombre d’admissions à l’hôpital en raison d’une décompensation de l’asthme ainsi qu’une plus grande réactivité aux tests allergiques cutanés. Ils ont noté que des interventions psychologiques comprenant entre autres de la relaxation, de l’expression par l’écriture pouvaient aider à améliorer l’asthme.

Une autre étude finlandaise a conclu que des événements stressants comme un conflit personnel ou un conflit en famille augmentaient le risque de développer un asthme ou une rhinoconjonctivite allergique (10).

Sachant le rôle délétère de l’inflammation dans l’asthme, il est important de bien gérer le stress. Des chercheurs du Wisconsin ont comparé un groupe bénéficiant d’un programme de 8 semaines de méditation en pleine conscience avec un autre groupe de personnes saines qui bénéficiait d’autres pratiques de santé (marche, nutrition, musicothérapie, exercices d’étirement) (11). Seul le groupe de méditation a réduit les paramètres d’inflammation du corps. Pour les personnes allergiques, il est recommandé de pratiquer des techniques anti-stress telles que la méditation, le yoga ou de la relaxation. Autant la pratique du yoga ou de la méditation ont montré une amélioration de la qualité de vie des asthmatiques.

Références

  1. Zock JP « The use of household cleaning spray and adult asthma : an international longitudinal study » Am J Respir Crit Care Med, 2007 Oct 15 ;176(8) :735-41
  2. Akdag M «  Does usage of a room air freshener affect the nasal mucosa » Am J Rhinol Allergy
  3. Gonzalez-Garcia M «  Prevalence, risk factors and underdiagnosis of asthma and wheezing in adults 40 years and older : A population-based study » J Asthma 2015 Oct ;52(8) :823-30
  4. Caress SM « Prevalence of fragrance sensitivity in the american population » J Environ Health, 2009 Mar ;(7) :46-50
  5. Alphantonogeorgos G « Investigating the associations betweenMediterraneandiet, physicalactivity and living environmentwithchildhoodasthmausingpathanalysis » EndocrMetab Immune Disord Drug Targets. 2014; 14(3):226-33
  6. Micek J « Quercetin and its anti-allergic immune response » Molecules 2016 May 12 ;21(5)
  7. Goh FY «  Fisetin, a bioactive flavonol, attenuates allergic airway inflammation through negative regulation of NF kB » Eur J Pharmacol 2012 Mar 15 ;679(1-3) :109-16
  8. LI LH « Apigenin inhibits TGF-B1 induced proliferation and migration of airway smooth muscle cells » Int J Clin Exp Pathol 2015 Oct 1 :8(10)
  9. CHOI YS « The effect of epigallocatechin-3-gallate in allergic airway inflammation » Rhinology 2014 Dec ;52(4) :406-12
  10. Kilpelainen « Stressful life events promote manifestation of asthma and atopic diseases » Clin Exp Allergy 2002 Feb ;32 :256-63
  11. Rosenkranz MA « A comparaison of mindfullness-based stress reduction and active control in modulation of neurogenic inflammation » Brain Behav Immun 2013 Jan ;27 :174-84

 

Article du Docteur Antonello D’Oro
Consultations en Micronutrition et Alimentation Santé Tel: +41.22.301.63.38
Email: secretairedoro@gmail.com
http://www.lanutrition-sante.ch/

2017-06-07T10:59:24+00:00